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PERDRIX ET AUTRES OISEAUX TERRESTRES

1897 — Pas une.

1903 et 1904 — En abondance. Quelques-unes vues chaque hiver jusqu’à date 1909.

Pendant un certain temps on supposa que cette abondance de perdrix sur la côte était due au verglas qui, dans l’intérieur, couvrait tous les bourgeons, en empêchant ainsi les oiseaux de se nourrir, ce qui les forçait à chercher pâture ailleurs.

J’ai remarqué que le verglas ne les affectait pas outre mesure ; et puis les périodes que je viens de donner indiquent une trop grande régularité pour que ce soit là la véritable cause de leurs migrations. Ce que je crois, c’est qu’il faut mettre la chose sur le compte de la pâture et de ses conditions. Après avoir examiné des milliers de jabots de ces oiseaux, j’ai trouvé que plus de quatre-vingt-dix pour cent contenaient des bourgeons d’une espèce de saule vulgairement connu ici sous le nom de pussy willow, saule nain, Salix artica. Le reste consistait en bourgeons de bouleau, de peuplier et de frêne avec ses baies. Il y avait aussi quelques graines que je n’ai pas pu identifier.

Après une année ou deux de forte migration des perdrix, tous les saules se trouvent saccagés par la destruction des bouts des branches et des bourgeons, et les arbustes mettent environ deux ans à réapparaître, généralement par la croissance de nouvelles pousses de la racine. Comme la pâture manque, les oiseaux sont obligés d’émigrer ailleurs. Il paraîtrait, donc, d’après mes notes, que le cycle de leurs migrations prend dix ans. J’emploie le mot cycle parce que la direction de leurs déplacements semble indiquer cette définition.

Ils apparaissent d’abord sur la ligne des côtes du Labrador en s’envolant vers le sud et en continuant ainsi jusqu’à ce qu’ils atteignent de grandes rivières