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RIVIÈRES À SAUMON

et d’autres menus articles du même genre ; mais cela ne dura pas longtemps, vu le petit nombre de clients dans une population forcément limitée.

Quand l’hiver arriva, une personne charitable, qui n’était pas elle-même bien en reste de ressources, en prit soin. La vieille femme se montra profondément touchée de la chose. Un jour, elle me demanda si je ne pourrais pas lui obtenir quelques secours de l’Agence des Sauvages. Je lui promis de me rendre à sa prière, et, à mon retour à la maison, je télégraphiai à l’agent pour lui exposer en détail, le cas. Le lendemain, l’agent me répondait en me disant de lui donner « quatre livres de saindoux et un demi-baril de farine, en l’avisant de ne rien gaspiller ! » La valeur d’environ quatre piastres de provisions pour soutenir la vieille et son enfant, pendant tout un hiver !

J’ai eu connaissance de bien d’autres cas semblables. Si c’est généralement dans ces proportions, que les agents viennent en aide aux sauvages, il n’est pas étonnant qu’on les porte officiellement, comme en état de se suffire à eux-mêmes.

J’espère qu’un jour, les Indiens de Bersimis toucheront tout le bénéfice de leur rivière conformément aux recommandations que je viens de formuler, non seulement dans l’affermage de leur rivière, mais aussi dans leur emploi par les pêcheurs, comme guides et canotiers, métiers dans lesquels chacun d’eux est expert.

Autrefois, le loup-marin de grève (harbor seal) avait l’habitude de remonter, en immenses bandes, cette rivière, jusqu’à la première chute, et y causait beaucoup de ravages. Mais aujourd’hui, grâce à la chasse continuelle que lui font grand nombre d’indiens du voisinage, cet ennemi naturel du saumon se fait très rare dans la rivière.