Page:Comeau - La vie et le sport sur la Côte Nord du Bas Saint-Laurent et du Golfe, 1945.djvu/73

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LE CASTOR
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Il y a vingt-cinq ans je publiais dans Forest and Stream, un article sur ce sujet, intitulé : Chiselling Beaver. Les trappeurs intelligents qui parcourent le même territoire d’année en année ne forcent jamais le castor, ni trappent et tuent les jeunes, excepté s’ils manquent de vivres. Ils trappent les vieux en plongeant leurs pièges dans l’eau profonde et en utilisant de gros arbres pour l’appât. Aussitôt cette opération terminée, les pièges sont enlevés, et les autres castors ne sont pas dérangés. À la saison suivante en toute probabilité, on les retrouvera au même endroit.

En agissant de la sorte, je suis arrivé à garder le castor dans le même lac pendant six ou sept ans consécutifs. Quand on se prend à penser qu’un castor complètement développé vaut de huit à dix piastres et que les petits se vendent environ $2., le sujet vaut bien la peine qu’on lui donne un peu d’attention.

La chair du castor est de grande valeur pour les Indiens et les trappeurs ; étant grasse et très nutritive, elle est en conséquence très recherchée. Les castors ne sont pas du tout farouches ; souvent ils viennent jusqu’à quelques pieds de quelqu’un si celui-ci se tient tranquille. Ils ont le sens de l’ouïe très fin ; il semble que ce soit la faculté sur laquelle ils comptent le plus pour se mettre à l’abri du danger. On considère comme excellente la capture de quarante castors par deux trappeurs associés ou pour une famille d’indiens, quoique, parfois on en tue jusqu’à cent, durant la saison, depuis octobre jusqu’à juin. Dans cette partie du comté du Saguenay avec laquelle je suis familier, je n’ai pas constaté de diminution dans leur nombre, tel qu’il était il y a cinquante ans, lorsque je débutai comme trappeur.