Page:Commanville - Souvenirs sur Gustave Flaubert, 1895.djvu/17

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familiarités permises avec l’enfant avaient succédé chez elle un respect et un culte pour son maître. Elle était « pleine de lui », se rappelant ses moindres actions, ses moindres paroles. Quand elle disait : « Monsieur Gustave », elle croyait parler d’un être extraordinaire. Ceux qui l’ont connu apprécieront la part de vérité contenue dans l’admiration naïve de la vieille servante.

Gustave Flaubert avait quatre ans lorsque Julie vint à Rouen en 1825 au service de mes grands-parents. Elle était du village de Fleury-sur-Andelle, situé dans cette jolie vallée toute souriante qui s’étend de Pont-Saint-Pierre au gros bourg de Lyons-la-Forêt. La côte « des Deux-Amants » en protège l’entrée ; çà et là des châteaux, l’un entouré d’eau avec son pont-levis, puis la superbe propriété de Radepont, les ruines d’une