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ACADÉMIE DES SCIENCES.


à 170°, on constate que, vers 180°, il commence à jaunir puis à brunir, que vers 185°, il acquiert une consistance pâteuse, que vers 190, cette pâte devient brillante, enfin que, vers 200°, elle est à la fois brillante et assez fluide. Si l'on élève encore la température, la consistance de cette pâte ne se modifie pas. Si l'on mélange le chlorhydrate de corynanthéine, soit au produit de Fourneau, soit au nôtre, le point de fusion n’est en rien modifié.

La déviation polarimétrique dans l’alcool méthylique à 99,5° est la même pour le chlorhydrate isolé par nous et pour le produit de Karrer et Salomon. Pour le premier, nous avons en effet, obtenu [α]18°/D = + 7,20° ; pour le second [α]18°/D = + 7,60°. Quant au produit de Fourneau, il nous a offert, après recristallisation, une déviation de [α]18°/D = - 2,61°. Nous pensons qu’il est ainsi parce que le mode de préparation adopté par Fourneau ne permet pas d’éliminer complètement, du chlorhydrate de l’alcaloïde amorphe du Pseudocinchona africana, le chlorhydrate de l’alcaloïde cristallisé qui l’accompagne dans la plante et qui est, lui, très fortement lévogyre.

Ajoutons que, si l’on alcalinise, par le bicarbonate de sodium, une solution aqueuse de l’un ou l’autre des trois chlorhydrates étudiés, on obtient l’alcaloïde correspondant à l’état amorphe. Malgré tous nos efforts, nous n’avons jamais pu faire cristalliser l’un ou l’autre de ces alcaloïdes. Quant aux réactions colorées des trois produits, elles sont identiques ; en particulier, on obtient, avec chacun d’eux, une belle coloration bleue, tant avec le réactif de Fröhde qu’avec le réactif sulfurique de Kiliani (acide sulfurique contenant du sulfate ferrique).

Nous concluons donc à l’identité de l’alcaloïde amorphe de Fourneau et de la corynanthéine de Karrer. Il convient d’ailleurs de noter qu’ayant reçu de nouveaux résidus de fabrication de yohimbine, résidus obtenus dans les mêmes conditions qu’auparavant, Karrer et Salomon n’ont pu y retrouver aucune trace de corynanthéine. On est donc en droit de penser que les premiers résidus étudiés par eux provenaient, non point du Pausinystalia johimbe (K. Schumann) Pierre, qui fournit la yohimbine, mais d’une Rubiacée voisine.