Page:Comte - Discours sur l’esprit positif.djvu/112

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l’étendait aux prolétaires, où elle développerait, outre le dégoût des occupations matérielles, d’exorbitantes ambitions. Mais, heureusement, ils sont, en général, encore moins disposés à la demander qu’on ne serait à la leur accorder. Quant aux études positives, sagement conçues et convenablement dirigées, elles ne comportent nullement une telle influence : s’alliant et s’appliquant, par leur nature, à tous les travaux pratiques, elles tendent, au contraire à en confirmer ou même inspirer le goût, soit en anoblissant leur caractère habituel, soit en adoucissant leurs pénibles conséquences ; conduisant d’ailleurs à une saine appréciation des diverses positions sociales et des nécessités correspondantes, elles disposent à sentir que le bonheur réel est compatible avec toutes les conditions quelconques, pourvu qu’elles soient honorablement remplies et raisonnablement acceptées. La philosophie générale qui en résulte représente l’homme ou plutôt l’Humanité, comme le Premier des êtres connus, destiné, par l’ensemble des lois réelles, à toujours perfectionner autant que possible, à tous égards, l’ordre naturel, à l’abri de toute inquiétude chimérique ; ce qui tend à relever profondément l’actif sentiment universel de la dignité humaine. En même temps, elle tempère spontanément l’orgueil trop exalté qu’il pourrait susciter, en montrant, sous tous les aspects, et avec une familière évidence, combien nous devons rester sans cesse au-dessous du but et du type ainsi caractérisés, soit dans la vie active, soit même dans la vie spéculative, où l’on sent, presque à chaque pas, que nos plus sublimes efforts ne peuvent jamais surmonter qu’une faible partie des difficultés fondamentales.

Malgré la haute importance des divers motifs précé-