Page:Comte - Discours sur l’esprit positif.djvu/130

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dité d’un tel développement chez les différentes sciences fondamentales.

La combinaison rationnelle de ces deux idées mères, en constituant l’unité nécessaire du système scientifique, dont toutes les parties concourent de plus en plus à une même fin, assure aussi, d’une autre part, la juste indépendance des divers éléments principaux, trop souvent altérée encore par de vicieux rapprochements. Dans son essor préliminaire, seul accompli jusqu’ici, l’esprit positif ayant dû ainsi s’étendre graduellement des études inférieures aux études supérieures, celles-ci ont été inévitablement exposées à l’oppressive invasion des premières, contre l’ascendant desquelles leur indispensable originalité : ne trouvait d’abord de garantie que d’après, une prolongation exagérée de la tutelle théologico-métaphysique. Cette déplorable fluctuation, très sensible encore envers la science des corps vivants, caractérise aujourd’hui ce que contiennent de réel, au fond, les longues controverses, d’ailleurs si vaines à tout autre égard, entre le matérialisme et le spiritualisme, représentant d’une manière provisoire, sous des formes également vicieuses, les besoins, également graves, quoique malheureusement opposés jusqu’ici, de la réalité et de la dignité de nos spéculations quelconques. Parvenu désormais à sa maturité systématique, l’esprit positif dissipe à la fois ces deux ordres d’aberrations en terminant ces stériles conflits, par la satisfaction simultanée de ces deux conditions vicieusement contraires, comme l’indique aussitôt notre hiérarchie scientifique combinée avec notre loi d’évolution, puisque chaque science ne peut parvenir à une vraie positivité qu’autant que l’originalité de son caractère propre est pleinement consolidée.