Page:Comte - Discours sur l’esprit positif.djvu/32

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point de vue purement théologique n’a jamais pu être rigoureusement universel. Mais cette conviction partielle et précaire se borne longtemps aux phénomènes les moins nombreux et les plus subalternes, qu’elle ne peut même nullement préserver alors des fréquentes perturbations attribuées à l’intervention prépondérante des agents surnaturels. Le principe de l’invariabilité des lois naturelles ne commence réellement à acquérir quelque consistance philosophique que lorsque les premiers travaux vraiment scientifiques ont pu en manifester l’exactitude essentielle envers un ordre entier de grands phénomènes ; ce qui ne pouvait suffisamment résulter que de la fondation de l’astronomie mathématique pendant les derniers siècles du polythéisme. D’après cette introduction systématique, ce dogme fondamental a tendu, sans doute, à s’étendre, par analogie, à des phénomènes plus compliqués, avant même que leurs lois propres pussent être aucunement connues. Mais outre sa stérilité effective, cette vague anticipation logique avait alors trop peu d’énergie pour résister convenablement à l’active suprématie mentale que conservaient encore les illusions théologico-métaphysiques. Une première ébauche spéciale de l’établissement des lois naturelles envers chaque ordre principal des phénomènes a été ensuite indispensable pour procurer à une telle notion cette force inébranlable qu’elle commence à présenter dans les sciences les plus avancées. Cette conviction ne saurait même devenir assez ferme, tant qu’une semblable élaboration n’a pas été vraiment étendue à toutes les spéculations fondamentales, l’incertitude laissée par les plus compliquées devant alors affecter plus ou moins chacune des autres. On ne peut méconnaître