Page:Comte - Discours sur l’esprit positif.djvu/75

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tion qu’elle a successivement opérée déjà envers les différentes études préliminaires.

On ne peut d’abord méconnaître l’aptitude spontanée d’une telle philosophie à constituer directement la conciliation fondamentale, encore si vainement cherchée, entre les exigences simultanées de l’ordre et du progrès ; puisqu’il lui suffit, à cet effet, d’étendre jusqu’aux phénomènes sociaux une tendance pleinement conforme à sa nature, et quelle a maintenant rendue très familière dans tous les autres cas essentiels. En un sujet quelconque, l’esprit positif conduit toujours à établir une exacte harmonie élémentaire entre les idées d’existence et les idées de mouvement, d’où résulte, plus spécialement, envers les corps vivants la corrélation permanente des idées d’organisation aux idées de vie, et ensuite, par une dernière spécialisation propre à l’organisme social, la solidarité continue des idées d’ordre avec les idées de progrès. Pour la nouvelle philosophie, l’ordre constitue sans cesse la condition fondamentale du progrès ; et, réciproquement, le progrès devient le but nécessaire de l’ordre : comme, dans la mécanique animale, l’équilibre et la progression sont mutuellement indispensables, à titre de fondement ou de destination.

Spécialement considéré ensuite quant à l’ordre, l’esprit positif lui présente aujourd’hui, dans son extension sociale, de puissantes garanties directes, non seulement scientifiques mais aussi logiques, qui pourront bientôt être jugées très supérieures aux vaines prétentions d’une théologie rétrograde, de plus en plus dégénérée, depuis plusieurs siècles, en élément actif de discordes, individuelles ou nationales, et désormais incapables de contenir les divagations de ses propres adep-