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Page:Conan - Louis Hébert, premier colon du Canada, 1912.djvu/10

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un profond respect. L’illustre sagamo avait un grand prestige dans le pays et inspirait aux Français une véritable admiration. Âgé de plus de cent ans, il en paraissait à peine cinquante et n’avait rien perdu de sa mémoire, ni de sa vigueur. Sa taille restait droite et noble, sa vue parfaite. Aucun Français ne voyait venir une chaloupe d’aussi loin.

Quand il arrivait à Port-Royal, après une absence un peu longue, il voulait qu’on le saluât de quelques coups de canon comme le lieutenant-général du roi. Memberton avait la réputation de l’emporter sur tous les sauvages en finesse et en ruse. Il agit pourtant toujours loyalement avec les Français et son amitié leur fut précieuse. Mais l’œuvre de Port-Royal, sans cesse entravée par l’envie et par l’intrigue, devait aboutir à un lamentable désastre.


* * *


De Monts avait rendu de grands services à Henri IV pendant la ligue et comptait sur sa bienveillance. Les marchands de Rouen et de Saint-Malo finirent pourtant par l’emporter et le roi lui retira le monopole du commerce des fourrures. Dépouillé de son privilège, De Monts se trouvait dans l’impuissance absolue de poursuivre son entreprise. Il délia ses hommes de leurs engagements et tous s’embarquèrent pour