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PHYSIONOMIES DE SAINTS

Comme l’apôtre des Indes, François Solano était Espagnol et de noble famille. Il naquit en 1549, à Montilla, ville dont son père était gouverneur.

Sa mère l’avait consacré à saint François d’Assise qu’elle honorait d’un culte très tendre. Elle lui donna son nom, et dans l’église paroissiale de Montilla on montre encore les fonts où le saint reçut le baptême.

Jamais il n’en perdit la grâce, et son enfance pleine de promesses, ne fut pas seulement privilégiée, elle fut aussi fort heureuse.

C’est à l’externat du collège des Jésuites, établi à Montilla, que François Solano fit ses études.

Une raison précoce lui donnait un singulier empire sur ses condisciples. Il s’en servait pour rétablir la paix et l’union souvent troublées.

Dès lors, son courage n’était pas médiocre. Un jour, aux environs de la ville, apercevant deux duellistes qui se battaient à l’épée avec une furie sauvage, il courut se jeter entre eux, et au risque d’être sérieusement blessé, les sépara. Son jeune âge, la hardiesse de son élan et la douceur de ses reproches touchèrent ces furieux. Ils se réconcilièrent.

L’Andalousie est le paradis de l’Espagne. François aimait à cultiver cette terre maternelle si riche, si prodigue. C’était son grand délassement.

La beauté des fleurs le ravissait et au lieu de se livrer aux jeux bruyants qui passionnaient ses frères et ses condisciples, il passait ses heures de récréation dans le jardin de son père. Là, tout en travaillant, il priait et chantait.

Sa voix était fort belle. Il avait aussi pour la musique d’admirables dispositions, et bien jeune encore y excella.

Mais — chose rare — dans cette nature de poète et d’artiste, il y avait une énergie et une persévérance extraordinaires. Ses parents le constataient chaque jour avec bonheur ; ils comptaient que ce fils si aimable jetterait un grand éclat sur sa race.