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pierre boucher

Le 9 juillet 1652, il épousa Jeanne Crevier, jeune fille de dix-sept ans, qui avait grandi dans les alarmes de la guerre de surprises.

Peu après ce mariage un tragique événement plongea la ville naissante dans une affreuse désolation. Quatre Français, La Bougonnier, Guillet, Rochereau et le chirurgien Plassey, descendant par eau au Cap de la Madeleine, furent cernés, à l’entrée du Saint-Maurice, par huit canots iroquois.

Dans la lutte, La Bourgonnier et Guillet tombèrent mortellement blessés, mais Plassey et Rochereau, adroitement saisis, furent entraînés.

Le brave gouverneur Du Plessis Bochart, espérant les arracher à la cruelle mort qui les attendait, se lança avec une cinquantaine de Français, à la poursuite des Iroquois, et malgré les représentations, n’hésita point à les suivre dans les bois. Il fut tué et bien des Français avec lui, la Mère de l’Incarnation dit vingt-deux. Les ennemis firent aussi sept prisonniers, entre autres Normanville qui fut brûlé.

Ce désastre accrut encore la superbe des Iroquois. Ils se croyaient maîtres de la Nouvelle-France. Chose qui ne s’était jamais faite, un détachement de leurs guerriers hiverna dans la forêt, à trois lieues du poste, et y éleva un fort.

M. de la Poterie avait succédé à M. Du Plessis. Au printemps, il obtint un congé de quelques mois et descendit à Québec. Le commandement échut à Pierre Boucher, capitaine de la milice.

Le Iroquois établis dans le voisinage molestaient beaucoup les colons. Ils parurent s’éloigner au mois de juin, mais Boucher croyait qu’ils machinaient une attaque et, secondé par le Père Lemercier, pressait sans cesse le travail des fortifications. À la fin de juillet ces travaux étaient à peu près terminés.