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pierre gaultier

« Je veux aimer Celui qui ne meurt pas, se dit-elle. À quoi sert une alliance dont la rupture peut ainsi briser le cœur ? »… Et elle se fit religieuse.

Mlle de Comporté semble avoir cru qu’aimer son mari, à ne pouvoir lui survivre, est ce qu’il y a surtout à craindre dans le mariage. Elle ignorait que d’ordinaire « les époux les mieux assortis n’ont bientôt plus l’un pour l’autre qu’une estime sèche et une amitié altérée et sans goût[1]. »

Marie-Madeleine de Comporté fut une fervente religieuse. Elle mourut de la petite vérole, à l’âge de vingt-huit ans, amèrement pleurée pas sa sœur Anne qui l’avait suivie au monastère des Ursulines de Québec.

Leur sœur Marie épousa Alexandre Perraut de Ganderville, et en secondes noces Charles Claude du Tisné.

Angélique devint Madame Denis Riverin. C’est elle, je crois, qui s’est fait peindre avec ses enfants, à genoux devant la bonne sainte Anne. Cet ex-voto, qui contraste agréablement avec la plupart des autres, se trouve maintenant près de l’autel de la vieille chapelle de Beaupré.


Quant aux fils de M. de Comporté, on ignore ce qu’ils devinrent. D’après M. Ernest Myrand[2], l’aîné, Jacques-Philippe, fut du nombre de ces écoliers qui, à force d’instances, obtinrent de prendre les armes en 1690.

Le juvénile bataillon commandé par le vieux seigneur de Beauport, Nicolas Juchereau de Saint-Denis, rendit de véritables services, et plusieurs des écoliers-soldats restèrent sur le champ d’honneur.

On s’étonnera peut-être que les fils de Philippe de Compor-

  1. Bossuet.
  2. Sir William Phipps devant Québec.