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ma vie pour lui épargner une douleur, et pourtant je vois avec une sorte de joie que rien ne le consolera jamais entièrement de la mort de son ami. Il est si bon d’être aimé d’un cœur qui n’oublie point ! Oui, je le sais, son ami lui manquera toujours, toute ma tendresse sera impuissante à le consoler complètement, mais aussi, si je mourais, personne ne me remplacerait dans son cœur. Dieu seul pourrait le consoler, et de lui je ne suis pas jalouse.

Nous laissâmes l’île vers le soir. Le retour fut enchanteur. Je regardais autour de moi, et une sécurité profonde, une paix inexprimable remplissait mon cœur.

Ô mon Dieu, vous êtes bon, la vie est douce et la terre est belle !


Le mariage de Thérèse était fixé à l’été suivant. Dans le mois de juin elle écrivait dans son journal :

« Mon Dieu, pourquoi ne m’exaucez-vous pas ? J’attendais tant des prières continuelles que je fais faire pour lui, et voilà que je suis bien près de désespérer.

Ce matin, je rencontrai Francis près de l’église du Gésu. J’avais bien prié pour lui. J’osai le lui dire, et la première fois de ma vie, je lui parlai de mes espérances pour sa conversion. Il ne me cacha pas son mécontentement et répondit avec une froideur glaciale :