Page:Conan - Un amour vrai, circa 1897.djvu/33

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Ah ! Thérèse, si je pouvais vous dire ce que j’ai souffert dans ce moment et par ce souvenir, vous auriez pitié de moi, et vous ne me demanderiez jamais ce que je ne puis pas accorder.

Après cela, Charles ne me parla plus de religion ; mais, m’attirant à lui, il tint longtemps ma tête appuyée contre son cœur, et alors, cet incomparable ami me conseilla de chercher ma consolation dans les joies de la charité. Admirable conseil qui m’a fait supporter mon malheur !

Dans ce que je viens de vous dire, il y a, je le sais, plusieurs choses qui vous affligeront, et j’en suis plus triste que vous ne sauriez le croire. Mais il le fallait. Oui, il faut que vous le sachiez, mon éloignement pour le catholicisme est invincible. J’ai cédé à toutes les exigences de votre Église, parce que sans cela, vous ne m’épouseriez pas, mais je mourrai dans la religion où il a plu à Dieu de me faire naître, et n’essayez jamais de m’influencer là-dessus, car, aussi vrai que je vous aime, je ne vous le permettrai pas. Du reste, vous savez que je tiendrai loyalement, fidèlement ce que j’ai promis.

Sans doute, ma chère Thérèse, il est triste qu’il y ait un point par lequel nos cœurs ne se toucheront jamais, mais n’allez pas conclure que nous nous en aimerons moins. Songez à l’attachement que j’avais pour Charles, à son amitié qui était le bonheur de ma vie, comme sa mort en a été la grande, l’inexprimable douleur. N’ayez donc ni inquiétude, ni crainte. Je ne puis pas