Page:Conan - Un amour vrai, circa 1897.djvu/46

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
44

pour les larmes amères que voua avez versées avec moi sur son cercueil. Vous parlerai-je de l’impatience avec laquelle j’attends le jour de ma régénération, l’heure sacrée de mon baptême. Qu’il tarde à venir, ce jour où je serai lavé dans le sang du Christ. Vous savez que le 28 août est la fête de saint Augustin. Plaise à Dieu qu’à l’exemple de cet illustre pénitent, je pleure toute ma vie mes fautes innombrables et le malheur d’avoir aimé Dieu si tard. En attendant l’abjuration publique, tous les jours, en la présence de Jésus-Christ et de ses anges, j’abjure dans le secret de mon cœur toutes les erreurs de l’hérésie. Vous ne vous imaginez pas la douceur que je trouve à dire et redire à Jésus-Christ, que je veux appartenir à son Église, en être l’enfant le plus humble et le plus soumis.

Le soir je me promène avec mon directeur dans le jardin du monastère. Nous parlons de l’amour et des souffrances du Christ, du néant des choses humaines et de cette heure qui vient où les morts entendront dans leurs tombeaux la voix du Fils de Dieu. Oui, j’attends la résurrection des morts, et mes larmes coulent bien douces quand je pense qu’un jour je retrouverai ma Thérèse rayonnante de l’éternelle jeunesse et de l’immortelle beauté.

Parfois, je l’avoue à ma honte, il me semble que je ne pourrai jamais supporter son absence. Je le disais aujourd’hui même à mon directeur. Le saint vieillard a souri doucement et m’a répondu avec une expression céleste : Mon fils,