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« Ce vœu suprême de son âme, je l’ai fait graver sur son crucifix que je porte sur ma poitrine, sur l’anneau que je lui ai donné comme à mon épouse et qu’elle porte parmi les morts ; mais il est plus ineffaçablement gravé dans mon cœur.

« Ô mon Dieu, soyez béni ! je suis content de vous ; dans le deuil si intime, si profond de mon âme, j’aime à répéter ce qu’elle me faisait dire aux jours du bonheur. Tout est fini, à jamais fini… mais mon cœur a chanté sa joie. Les routes me sont ouvertes à la véritable vie. Par les entrailles de la miséricorde de Dieu, qui a voulu que ce soleil levant vint d’en haut nous visiter, pour éclairer ceux qui sont ensevelis dans l’ombre de la mort. Ces paroles, l’Église les a chantées sur la tombe de Thérèse, et cette mère immortelle les chantera aussi sur mon cercueil. Ah ! je voudrais qu’un même tombeau nous réunît un jour. Mais non, il faut s’en aller mourir où la voix de Dieu m’appelle. Il faut partir et pour ne revenir jamais. Qu’est-ce qui nous attache si fortement là où nous avons aimé et souffert ?

« Thérèse, tous les jours de ma vie j’aurais voulu pleurer sur cette terre qui te couvre. C’est à côté de toi que je voudrais dormir mon dernier sommeil, et me réveiller à l’heure de la résurrection. Mais il faut obéir à Dieu. Il faut partir. Demain j’aurai laissé pour toujours cette terre du Canada, où nous nous sommes aimés, où ton corps repose ; mais j’emporte avec la douleur