Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/154

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rendre préſentes. Mais actuellement la connoiſſance des corps odoriférans, ſonores, palpables & ſavoureux, & la facilité de s’en ſaiſir, lui ſont un moyen ſi commode pour obtenir ce qu’elle deſire, que ſon imagination n’a pas beſoin de faire les mêmes efforts. Plus, par conſéquent, ces corps ſeront à ſa portée, moins ſon imagination s’exercera ſur les Senſations, dont ils ont donné la connoiſſance. Elle perdra donc de ſon activité : mais puiſque l’odorat, l’ouie, la vue & le goût en ſeront plus exercés, ils acquerront un diſcernement plus fin & plus étendu. Ainſi ce que ces ſens gagnent