Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/188

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défend. Heureuſement aſſez forte pour ſe ſouſtraire à une partie des coups qui lui ſont portés, elle échappe : elle n’a reçu que des bleſſures peu dangereuſes. Mais l’idée de cet animal reſte préſente à ſa mémoire ; elle ſe lie à toutes les circonſtances, où elle en a été aſſaillie. Eſt-ce dans un bois ? La vue d’un arbre, le bruit des feuilles mettra ſous ſes yeux l’image du danger. Elle a une vive frayeur, parce qu’elle eſt foible ; elle la ſent ſe renouveller, parce qu’elle ignore encore les précautions que ſa ſituation demande ; tout devient pour elle un objet de terreur, parce que l’idée du péril eſt ſi