Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/192

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


ceux qui ſont foibles comme elle. La frayeur de ces derniers redouble la ſienne ; leur fuite, leurs cris l’avertiſſent du danger qui la menace. Tantôt elle s’étudie à l’éviter par adreſſe : tantôt elle ſe ſaiſit pour ſa défenſe de tout ce que le haſard lui préſente ; ſupplée par induſtrie, mais avec bien de la lenteur, aux armes que la nature lui a refuſées ; apprend peu-à-peu à ſe défendre ; ſort victorieuſe du combat ; & flattée de ſes ſuccès, elle commence à ſe ſentir un courage qui la met quelquefois au-deſſus du péril, ou qui même, la rend téméraire. Alors tout prend pour elle une face nouvelle ;