Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/202

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que leurs rapports ſont apperçus : car on jouit avec plus de plaiſir. Un fruit où l’on reconnoît pluſieurs ſaveurs, également agréables, eſt meilleur qu’une ſeule de ces ſaveurs : un objet dont les couleurs ſe prêtent mutuellement de l’éclat, eſt plus beau que la lumiere ſeule.

Les organes ne peuvent ſaiſir diſtinctement qu’un certain nombre de Senſations ; l’eſprit ne peut comparer à la fois qu’un certain nombre d’idées : une trop grande multitude fait confuſion. Elle nuit donc au plaiſir, & par conſéquent à la bonté & à la beauté des choſes.