Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/214

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


ne lui permettront-ils pas de les former. Elle en ſeroit cependant plus capable que nous, parce qu’elle ſait mieux comment elle a appris à voir, à entendre, à ſentir, à goûter, à toucher. Quoi qu’il en ſoit, il lui eſt inutile d’avoir plus de certitude à cet égard. L’apparence des qualités ſenſibles ſuffit pour lui donner des deſirs, pour éclairer ſa conduite, & pour faire ſon bonheur ou ſon malheur ; & la dépendance où elle eſt des objets auxquels elle eſt obligée de les rapporter, ne lui permet pas de douter qu’il exiſte des êtres hors d’elle. Mais quelle eſt la nature de ces êtres ? Elle l’ignore, &