Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/239

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chercher de la nourriture ; & ſa vie reſſembloit à un ſommeil, qui ne ſeroit interrompu que par des ſonges. Il étoit donc naturel qu’il oubliât ſon premier état.

Cependant, il n’eſt pas vraiſemblable qu’il en perdît tout-à-coup le ſouvenir. Si au bout de quelques jours, on l’eût ramené dans les bois où on l’avoit pris, il eût ſans doute reconnu les lieux où il avoit vécu ; il ſe fût rappelé les alimens dont il s’étoit nourri ; & les moyens qu’il avoit employés pour ſe les procurer : il n’eût pas eu beſoin de s’inſtruire une ſeconde fois de toutes ces choſes. Mais le ſouvenir