Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/27

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Toute entiere à ces ſentimens, ſon tact & ſon odorat n’ont plus d’exercice. Qu’un ſilence profond ſuccede tout-à-coup, il lui ſemblera qu’elle eſt enlevée à elle-même. Elle eſt quelque tems ſans pouvoir reprendre l’uſage de ſes premiers ſens. Enfin rendue peu-à-peu à elle, elle recommence à s’occuper des objets palpables & odoriférans.

Elle découvre en elle l’organe de l’ouie. Elle trouve ce qu’elle ne cherchoit pas : car ayant ſaiſi un corps ſonore, elle l’agite ſans en avoir le deſſein ; & l’ayant par haſard tour-à-tour approché & éloigné de ſon oreille, c’en eſt aſſez pour la déterminer à le