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VIE DE VOLTAIRE.

tueuses ou plaisantes qui amusent l’imagination, ou réveillent la gaieté, prit un caractère plus philosophique, et devint, comme l’apologue, une école de morale et de raison ; des épîtres où, si on les compare à ses premiers ouvrages, l’on trouve moins de correction, un ton moins soutenu et une poésie moins brillante, mais aussi plus de simplicité et de variété, une philosophie plus usuelle et plus libre, un plus grand nombre de ces traits d’un sens profond que produit l’expérience de la vie ; des satires, enfin, où les préjugés et leurs protecteurs sont livrés au ridicule sous mille formes piquantes.

En même temps il donnait, dans sa philosophie de l’histoire, des leçons aux historiens, en bravant la haine des pédants, dont il dévoilait la stupide crédulité, et l’envieuse admiration pour les temps antiques. Il perfectionnait son Essai sur les mœurs et l’esprit des Nations, son Siècle de Louis XIV, et y ajoutait l'Histoire du siècle de Louis XV, histoire incomplète, mais exacte, la seule où l’on puisse prendre une idée des événements de ce règne, et où l’on trouve toute la vérité qu’on peut espérer dans une histoire contemporaine, qui ne doit être ni une dénonciation, ni un libelle.

Des nouveaux romans, des ouvrages ou sérieux ou plaisants, inspirés par les circonstances, n’ajoutaient pas à sa gloire, mais continuaient à la rendre toujours présente, soutenaient l’intérêt de ses partisans, et humiliaient cette foule d’ennemis secrets qui, pour se refuser à l’admiration que l’Europe leur commandait, prenaient le masque de l’austérité.