Page:Considerant - Théorie générale de Fourier.djvu/5

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vie séparée de la fonction ou la fonction sans la vie, nous parviendrons à découvrir la nature des fonctions en observant les actes par lesquels se conservent et se développent les êtres.

Or, quelles sont les conditions nécessairement imposées à l’humanité pour la persistance et le développement de sa vie à la surface de la terre ? Pourrait-elle habiter un globe dépouillé de végétation, soumis à des intempéries qui dépasseraient certaines limites, privé de races animales et de toutes ces richesses incalculables que Dieu sème avec profusion autour de nous ? La race humaine n’est-elle pas fatalement et souverainement intéressée à l’harmonie des éléments et des règnes qui composent et meublent son séjour ? Peut-elle satisfaire un seul de ses besoins sans modifier l’arrangement des choses qui l’environnent ? et ne conçoit-on pas que le développement le plus complet de sa vie correspond à l’harmonie la plus parfaite des éléments qui composent son milieu ambiant ?

Ces conditions de la vie humaine nous expliquent la fonction de l’humanité. Puisque l’homme ne peut subsister et étendre ses races sur la terre qu’en y faisant vivre et prospérer avec lui tous les règnes qui servent à ses besoins ou à ses plaisirs ; puisque le désordre une fois introduit parmi les éléments terrestres s’étend jusqu’à lui et le frappe dans ses propres conditions d’existence ; puisqu’au contraire la conservation et le perfectionnement de l’ordre naturel sont les moyens du développement de sa propre vie, l’humanité doit être considérée comme un agent de création destiné à maintenir et à perfectionner l’harmonie préétablie entre les éléments répandus à la surface de la terre. L’œuvre de la race humaine c’est donc la continuation du grand travail d’évolution de tous les germes constitutifs de sa planète. Placé primitivement sur une terre féconde où s’étaient épanouis spontanément, sous des climats favorisés, tous les êtres des règnes organiques, l’homme, en recevant la vie, accepte pour fonction de généraliser sur tout le globe ces dispositions harmoniques locales qui avaient déterminé l’éclosion des germes. Comme ces plantes généreuses qui, nées sur des terrains arides, y forment peu à peu de leurs débris une couche de terre végétale fertile, les populations humaines, en couvrant de jour en jour une plus large portion de la planète, doivent y porter avec elles la fécondité et la vie.

Il n’est pas difficile de concevoir comment le travail particulier de l’humanité peut concourir à l’exercice des fonctions du globe dont elle n’est qu’un organe.

Les mondes ne vivent point dans l’isolement. Ils forment dans l’espace des groupes d’astres réunis autour d’un soleil