Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 11, 1839.djvu/11

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LE BRAVO.


Giustizia in palazzo,
E pane in piazza.




CHAPITRE PREMIER.


Je suis à Venise sur le Pont des Soupirs, entre un palais et une prison ; je vois soudain sortir la ville du milieu des vagues comme par l’effet du coup de baguette d’un enchanteur. Dix siècles étendent leurs sombres ailes autour de moi, et une gloire mourante sourit à ces temps éloignés ou maintes contrées subjuguées admiraient les monuments de marbre du lion ailé de Venise, qui avait assis son trône au milieu de ses cent îles.
Lord Byron, traduction d’Amédée Pichot. 


Le soleil avait disparu derrière les sommets des Alpes tyroliennes, et la lune était déjà levée au-dessus de la barrière du Lido ; les piétons sortaient par centaines des rues étroites de Venise, et se dirigeaient vers la place Saint-Marc, comme l’eau s’élance à travers un aqueduc étroit dans un bassin large et bouillonnant ; de galants cavaliers, de braves citadins, des soldats dalmates et les matelots des galères, des dames de la ville et des femmes de mœurs légères, des joailliers du Rialto et des mar-