Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 11, 1839.djvu/54

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cette louange, comme un nuage d’hiver brille d’une lueur subite au coucher du soleil.

— J’espère que Violetta n’entend point de telles paroles pour la première fois, observa donna Florinda d’une voix faible et tremblante.

— Il serait difficile que ce qui est bon et profitable pour une personne de mon âge ne m’eût point encore été dit, répondit vivement la jeune élève en levant les mains vers celle qui avait été sa compagne assidue, quoique son regard préoccupé ne quittât point les traits du carme. Mais pourquoi le sénat désire-t-il disposé d’une jeune fille qui serait satisfaite de vivre pour toujours comme elle vit maintenant, heureuse dans se jeunesse et dans un intérieur sans éclat ?

— Le temps inflexible n’arrêtera point les années, afin qu’une personne aussi innocente que toi ne connaisse point les malheurs et les épreuves d’un âge plus avancé. Cette vie a des devoirs impérieux et souvent tyranniques. Tu n’ignores pas la politique qui gouverne un État dont le nom s’est rendu illustre par ses hauts faits à la guerre, ses richesses et son influence étendues sur les autres nations. Il y a à Venise une loi qui ordonne que tous ceux qui réclament un intérêt dans ses affaires ne s’allieront point à l’étranger de manière à nuire au dévouement que chacun doit à la république. Ainsi le patrice de Saint-Marc ne peut être seigneur sur des terres étrangères, et l’héritière d’un nom aussi grand, aussi noble que le tient ne peut être donnée eu mariage dans un pays étranger sans le consentement de ceux qui veillent aux intérêts de tous.

— Si la Providence m’avait placée dans une plus humble classe, il n’en aurait pas été ainsi. Il me semble qu’il convient mal au bonheur d’une femme d’être sous la tutelle spéciale du conseil des Dix.

— Il y a de l’imprudence et, je suis fâché de le dire, de l’impiété dans tes panoles. Notre devoir nous ordonne de nous soumettre aux lois terrestres ; et, plus que le devoir, la religion nous enseigne à ne point nous révolter contre les décrets de la Providence. Mais je ne comprends pas le malheur contre lequel tu murmures, me fille. Tu es jeune, riche au-delà de ce que peuvent exiger les désirs des princes, et une naissance assez haute pour exciter de l’orgueil, et d’une beauté capable de te rendre le plus