Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/140

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attrapera la maladie un de ces jours, et cela sans aucune espèce d’inoculation.

— Je ne désire pas me séparer de mon enfant, dit mistress Willoughby, qui parlait toujours de Maud comme de sa fille, mais comme nous ne pouvons pas toujours vivre ensemble, il vaudrait peut-être mieux la marier comme l’autre. Le jeune Verplanck lui est très-attaché ; ce serait un mariage sortable. Il fait partie du régiment d’Evert.

— Oui, cela pourrait se faire. Cependant je crois que Luke Herring vaudrait mieux.

— C’est parce qu’il est plus riche et plus influent, Hugh. Vous autres hommes, vous ne pouvez penser à l’établissement d’une jeune fille sans considérer les maisons et les terres comme une partie du mariage.

— Par saint George ! ma femme, les maisons et les terres rendent le mariage encore plus doux.

— Mais, Hugh, j’ai toujours été une heureuse femme, et vous n’avez pas été un trop misérable mari, et cela sans avoir des richesses pour adoucir notre état, répondit mistress Willoughby avec reproche. Vous auriez été général que je n’aurais pu vous aimer plus qu’étant simple capitaine.

— Tout cela est vrai, ma chère Wilhelmina, répondit Willoughby en embrassant sa femme avec affection, très-vrai, mais vous trouverez un mariage comme le nôtre dans un million, et je désire que notre chère et capricieuse Maud n’ait pas un plus mauvais mari que Luck Perring.

— Elle ne sera jamais sa femme, je la connais trop bien, elle et mon sexe, pour le croire. Mais vous êtes injuste, Willoughby, en appliquant de telles épithètes à notre enfant. Maud n’est pas capricieuse, surtout dans ses affections. Voyez quel fidèle et sincère attachement fraternel elle porte à Bob. Je dois déclarer que je suis souvent honteuse de voir que sa propre mère a pour lui moins de sollicitude que cette chère fille.

— Ne vous affligez pas de cette idée, Willy ; Bob sera nommé lieutenant-colonel. Je vivrai assez pour le voir officier général, si je deviens aussi vieux que mon grand-père, sir Thomas. Pour Maud, elle voit les inquiétudes de Beulah, et n’ayant pas elle-même de mari ni d’amant pour lequel elle donnerait une obole, elle considère Bob comme un pis-aller. Je vous garantis qu’elle