Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/212

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loughby, répondit le chapelain ; il saisit, quelquefois une idée aussi vite qu’un chat jette sa griffe sur une souris, puis il s’en amuse comme le chat qui n’a pas assez d’appétit pour manger sa proie.

— Och ! c’est un précieux puritain grommela Mike du coin où il était.

— Si les blancs sont parmi les sauvages, pourquoi ne se feraient-ils pas connaître ? demanda Robert Willoughby. On connaît généralement votre caractère, et il faut que nous sachions ce qu’ils viennent faire ici.

— Je vais faire venir Strides pour savoir décidément quelle est son opinion, répondit le capitaine après un moment de réflexion. Vous vous retirerez, Bob. Cependant vous pourriez laisser votre porte un peu entr’ouverte, de sorte que vous entendrez la conversation et me dispenserez de vous la répéter.

Comme Robert tenait à entendre ce que l’inspecteur pouvait avoir à dire sur le présent état des choses, il se retira dans sa chambre et laissa la porte entr’ouverte. Mais comme toutes les mauvaises natures, Joël Strides ne soupçonnait jamais qu’on pût être plus adroit que lui et son esprit était sans défiance. Connaissant ses mauvaises intentions personnelles, il ne songeait pas à se mettre en garde contre les machinations des autres. Si le capitaine Willoughby n’avait pas été l’un de ceux qui sont lents à voir le mal, il aurait pu découvrir quelque chose de faux dans la physionomie de Joël, au premier regard que celui-ci jeta autour de lui en entrant dans la bibliothèque.

Joël s’était continuellement occupé de la rencontre qu’il avait faite la nuit précédente ; il s’était livré à toutes tes recherches possibles, et il était parfaitement assuré que quelque mystère reposait sur l’inconnu qu’il avait rencontré en compagnie de son maître. Pour avouer la vérité, Joël ne soupçonnait pas que le major Willoughby se fût aventuré à ce point dans l’antre du lion, mais il s’imaginait qu les circonstances offraient une belle occasion pour faire perdre au capitaine la faveur publique, et pour la gagner un peu lui-même à son tour. Il n’était pas fâché toutefois d’être appelé à cette conférence, espérant que cela ouvrirait la voie à ses découvertes.

— Asseyez-vous, Strides, dit le capitaine Willoughby en lui indiquant une chaise éloignée de la porte ouverte de la chambre de Robert, asseyez-vous ; j’ai voulu vous consulter sur l’état des