Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/302

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employer quand l’occasion le demandera. Dans ce moment, mon intention est que nous allions ensemble à la découverte, laissant nos hommes reprendre haleine, dans une cachette convenable.

Joyce se montra satisfait. Aussitôt que le bruit des haches montra qu’on s’était assez avancé, et que la nature du terrain convainquit le capitaine qu’il se trouvait précisément où il désirait être, il fit faire halte à ses hommes, et les laissa à couvert sous la cime d’un arbre tombé. Cette précaution fut prise de peur qu’en rôdant quelque sauvage ne les aperçût s’ils restaient dans les endroits découverts de la forêt pendant l’absence du capitaine.

Ces dispositions prises, le capitaine et le sergent, après avoir examiné les amorces de leurs armes, se dirigèrent avec les précautions nécessaires vers la clairière. Le bruit des cognées les guidait suffisamment, et, avant qu’ils fussent bien loin, la lumière qu’ils voyaient briller à travers les arbres leur prouva qu’ils approchaient d’une ouverture de la forêt.

— Appuyons à gauche Votre Honneur, dit respectueusement Joyce. Il y a dans cette direction un rocher qui a vue sur la clairière, et d’où nous pourrons même apercevoir la Hutte. Je m’y suis souvent assis pendant la chasse, quand j’étais fatigué ; car la meilleure chose, après celle d’être chez soi, c’est de voir sa maison.

— Je me souviens de cet endroit, Joyce, et j’aime votre conseil, répondit le capitaine avec un empressement qui ne lui était pas habituel. Je marcherai avec un cœur plus léger, quand j’aurai jeté un coup d’œil sur le Rocher et que je me serai assuré de sa sécurité.

Ils se dirigèrent rapidement vers l’endroit en question. Ce roc isolé s’élevait de quinze à vingt pieds au-dessus de la surface de la terre, et avait une largeur double de sa hauteur. C’était une de ces élévations communes dans les forêts et qui ne peuvent intéresser que les géologues. Il n’était pas difficile de le découvrir, et la recherche fut bientôt couronnée de succès. Nos deux soldats se trouvèrent au pied du roc, dont le sommet était couvert de buissons d’autres branchages environnaient sa base, c’est-à-dire l’endroit où il se joignait à la terre.

Joyce monta le premier, laissant sa carabine au capitaine, qui le suivit après lui avoir passé les armes ; ni l’un ni l’autre n’était disposé à bouger sans ces importants auxiliaires. Une fois sur