Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/326

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sergent et en lui tirant la manche eu même temps pour attirer son attention. Sergent connaître son père. Lui et moi étions là quand Iroquois tira sur lui.

— Je ne vous comprends pas, Tuscarora, et je crois que vous ne vous comprenez pas. Moins vous parlerez et mieux cela vaudra. Il est de notre devoir, miss Maud, de dire que la volonté de Dieu soit faite ! Le soldat qui meurt en faisant son devoir n’est pas à plaindre. Je désirerais que le révérend M. Woods fût ici ; il nous dirait cela d’une manière qui n’admet pas de discussion, car moi, je suis un homme tout uni, miss Maud, et ma langue ne peut pas exprimer la moitié de ce que mon cœur sent en ce moment.

— Ah ! Joyce, quel ami, quel père il a plu à Dieu de rappeler à lui ?

— Oui, miss Maud, on peut dire cela avec raison.

— Si bon ! si vrai ! si doux ! si juste ! si affectionné ! dit Maud en se tordant les mains.

— Et si brave, jeune dame ! Son Honneur le capitaine Willoughby n’était pas de ceux qui parlent, qui écrivent et qui se vantent pendant le combat ; mais quand il fallait agir, le colonel savait toujours qui prendre pour remplir un devoir. L’armée n’aurait pas pu perdre un plus brave gentilhomme, s’il en avait encore fait partie.

— Oh ! mon père ! mon père ! s’écria Maud avec un redoublement de chagrin en se jetant sur le corps et en l’embrassant comme elle le faisait dans son enfance. Pourquoi n’ai-je pu mourir pour vous !

— Pourquoi vous dire cela ? murmura encore Nick. Lui pas votre père ; vous le savoir, sergent.

Joyce n’était pas en état de répondre. Ses sentiments avaient été comprimés par l’orgueil militaire ; mais ne pouvant plus résister, il se sentit obligé de se retirer à l’écart afin de cacher sa faiblesse. De grosses larmes coulaient sur son rude visage, comme l’eau coule à travers les fissures d’un chêne fendu. La prudence qui constituait surtout le caractère de Jamie Allen devint de l’activité, et il fit comprendre à la troupe la nécessité de se mettre sous la protection de la Hutte.

— La mort est terrible dans tous les temps, dit le maçon ; elle frappe les jeunes et les vieux. L’affliction qu’elle met dans le cœur doit se soumettre à la loi de la nature. Pourtant nous avons