Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/328

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avantages se présentèrent à son imagination et en appelèrent à ses affections.

— Pouvez-vous le faire, Tuscarora ? demanda-t-elle vivement en appuyant sa main sur son cœur comme pour en calmer les battements. Pouvez-vous réellement me conduire vers le major Willoughby, et puis-je avoir quelque espérance de le délivrer ?

— Certainement. Vous aller, lui venir. Moi aller, lui pas venir. Lui pas aimer Nick. Vous aller, lui venir. Si lui rester, rencontrer couteau et mourir comme le capitaine. Jeune squaw, suivre Wyandotté et voir.

Maud n’hésita plus. Pour sauver la vie de Bob, de son bien-aimé qu’elle avait si longtemps adoré en secret, elle aurait suivi un homme qu’elle aurait moins connu que le Tuscarora. Il lui fit signe de marcher, et ils se trouvèrent bientôt sur le chemin, du moulin, à travers le labyrinthe de la forêt.

Nick était bien loin d’observer les précautions qu’avait prises le capitaine dans sa malheureuse marche. Familiarisé avec chaque coin de terre, dans le voisinage de l’étang, connaissant toutes les dispositions des ennemis, il n’eut pas besoin de faire des détours, et il marcha sur une ligne plus directe. Au lieu de tourner la vallée et la clairière du côté de l’ouest, il prit la direction contraire, traversa la rivière sur un pont fait avec un arbre tombé, et suivit le chemin le long de la rive orientale. De ce côté de la vallée, il savait qu’il n’y avait pas d’ennemis, et la position des huttes et des granges lui fit suivre un sentier de la forêt justement assez profond pour cacher sa marche. Outre l’avantage de se trouver dans un chemin clair et battu, la distance se trouvait réduite à un mille.

Maud ne fit aucune question, ne demanda pas à se reposer en chemin, ne manifesta aucune faiblesse physique. L’Indien marchait très-vite à travers les arbres, elle le suivait de près, et elle avait à peine commencé à réfléchir sur la nature de l’entreprise dans laquelle elle était engagée, quand le bruit du ruisseau et la configuration du terrain l’avertirent qu’ils avaient atteint la lisière du vallon au bas des moulins. Nick la pria de s’arrêter un moment pendant qu’il s’avancerait sur les rochers pour faire une reconnaissance. C’était la place d’où l’Indien avait fait ses premières observations sur les ennemis et s’était assuré de leur véritable caractère avant de hasarder sa personne au milieu d’eux.