Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/356

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


avec la tête brisée, frappés par le shilhlah d’O’Hearn. Quoique ces coups n’eussent pas été mortels, ils avaient mis les guerriers hors de combat. Pas un soldat de la garnison ne fut trouvé mort sur le champ de bataille.

Pourtant, dans une dernière investigation, il fut reconnu que le pauvre vieux maçon écossais avait été tué à une fenêtre et par le dernier coup qui avait été tiré. En retournant les morts des assaillants, on découvrit aussi que Daniel le meunier était du nombre. Quelques-uns des Mohawks, avec leurs yeux flamboyants, étaient dans les coins de la cour, appliquant des pansements grossiers à leurs différentes blessures, qu’ils parvinrent à guérir aussi bien qu’auraient pu le faire ceux qui sont reconnus pour être les lumières de la science.

Quand les lanternes parurent, on fut surpris du très-petit nombre d’assiégeants qu’on trouva dans la maison. Quelques-uns s’étaient glissés à travers la porte avant qu’on eut posté les sentinelles ; d’autres s’étaient sauvés par les toits d’où ils avaient trouvé moyen de gagner la terre ; quelques-uns étaient encore cachés dans les buissons, attendant un moment favorable pour s’échapper. Parmi ceux qui restaient, il n’y en avait pas un seul qui fût investi de quelque autorité. En un mot, après cinq minutes d’examen, Beekman et Willoughby reconnurent que les ennemis n’étaient plus en force suffisante pour les inquiéter.

— Nous avons différé trop longtemps de calmer les appréhensions de ceux qui nous sont chers, major Willoughby, dit enfin Beekman. Si vous voulez me montrer le chemin de la partie de la maison où sont votre mère, qui est aussi la mienne, et ma femme, je suis prêt à vous suivre.

— Ah ! Beekman, il me reste une triste histoire à vous raconter. Ne craignez rien, j’ai laissé Beulah et votre fils en parfaite santé, il y a tout au plus un quart d’heure. Mais mon bien-aimé père a été tué de la façon la plus extraordinaire, et vous trouverez sa veuve et ses filles pleurant sur son corps.

Cette épouvantable nouvelle fit arrêter le colonel, et Willoughby lui expliqua ce qu’il savait touchant la mort de son père. Les deux jeunes gens se dirigèrent vers l’appartement des affligées, chacun portant un flambeau.

Willoughby fit une exclamation involontaire en s’apercevant que la porte de la chambre de sa mère était ouverte. Il avait es-