Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/39

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nombre de six, étaient enduites de chaux vive. Les barrières massives, formées de planches de chêne de quatre pouces d’épaisseur, pouvaient résister à un assaut. Leurs puissants gonds de fer étaient en place, mais on n’y avait pas encore suspendu les lourds battants ; cette tâche avait été remise à un temps plus favorable, lorsqu’on pourrait consacrer à cette opération toutes les forces réunies du manoir. Ils étaient donc là debout contre la muraille, de chaque côté de l’entrée, semblables à des sentinelles indolentes, qui sentent trop de sécurité pour lever même les yeux.

Les différents ouvriers se pressèrent autour du capitaine, chacun désireux de lui montrer sa portion de besogne. L’hiver avait été bien employé : complètement séparés du reste du monde, les hommes avaient travaillé presque sans interruption, car leurs travaux étaient leur unique distraction. Madame Willoughby trouva finie et meublée toute la partie de la maison qu’elle devait occuper avec sa famille : elle comprenait toute la façade située sur le côté oriental de la porte d’entrée, et une grande partie de l’aile qui s’étendait en arrière jusqu’aux bords du rocher. À l’extrémité de l’aile, était une buanderie, près de laquelle avait été établie une pompe qui faisait monter l’eau de la rivière. Puis venaient la cuisine et les chambres des domestiques, et plus loin, les chambres à coucher, de la famille, un grand salon et la bibliothèque du capitaine.

Le côté occidental du bâtiment était consacré aux besoins de l’économie domestique. Il s’y trouvait une salle à manger, plusieurs chambres de domestiques et d’ouvriers, des magasins et de vastes greniers pour recevoir les provisions de toutes sortes. Toutes les fenêtres et les portes s’ouvraient sur la cour, tandis que le mur extérieur ne présentait aucune ouverture. Le capitaine, cependant, avait l’intention d’y pratiquer des meurtrières, de manière que des hommes placés dans les greniers pussent couvrir de leurs feux les différentes faces de l’édifice. Mais de même que la pose des barrières, ces moyens de défense furent ajournés à un temps plus favorable.

Madame Willougbby fut enchantée de tous les arrangements domestiques, et un sourire de bonheur rayonnait sur sa belle physionomie, pendant qu’elle suivait son mari de chambre en chambre, prêtant l’oreille à ses explications. Quand ils entrèrent dans leurs appartements particuliers, déjà meublés et disposés pour les rece-