Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/94

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trouvant les mots de mère et de Beulah attachés sur les uns et sur les autres. Mais rien n’indiquait que sa jeune sœur eût même pensé à lui. Le capitaine en parut surpris. — C’est vraiment bizarre, dit-il sérieusement ; j’espère, Bob, que tu n’as rien fait pour mériter cela ; je serais fâché que ma petite fille reçût une injure.

— Je vous assure, Monsieur, que je n’ai aucune conscience d’un pareil acte, et je puis solennellement protester contre toute intention offensante. Si je me suis rendu coupable, je prie Maud de me pardonner.

— Vous n’avez rien fait, Bob, rien qui m’ait offensée, s’écria Maud vivement.

— Pourquoi, alors, l’as-tu oublié, mignonne, quand ta mère et ta sœur ont fait tant de choses pour lui ?

— Des cadeaux obligés, mon cher père, ne sont pas des cadeaux. Je n’aime pas à être contrainte à faire des présents.

En entendant ces paroles, le major comprit qu’il ferait mieux de remettre les derniers articles dans la corbeille, pensant terminer ainsi les discussions. Grâce à cette précipitation, l’écharpe ne fut pas vue. Heureusement pour Maud, qui était prête à fondre en larmes, le service du thé prévint de nouvelles allusions sur ce sujet.

— Tu m’as dit, fit observer le capitaine à son fils, que ton ancien régiment a un nouveau colonel, mais tu as oublié de le nommer. J’aime à croire que c’est mon vieux camarade, Tom Wahingford, qui m’a écrit l’année passée qu’il en avait l’espérance.

— Le général Wallingford a obtenu un régiment de chevau-légers c’est le général Meredith qui est à la tête de mon ancien corps ; il est maintenant dans ce pays, où il commande une des brigades de Gage.

Maud était tellement identifiée avec la famille de la hutte, qu’à deux exceptions près, personne ne pensa à elle quand le nom du général Meredith fut prononcé ; il était cependant l’oncle de son père. Ces deux exceptions étaient le major et elle-même. Le premier n’avait jamais entendu ce nom sans penser à la charmante compagne de son enfance, sa sœur nominale, et Maud commençait à s’inquiéter de ses parents naturels. Mais elle crut qu’il était de son devoir de ne pas faire paraître ses sentiments en présence de ceux que, depuis son enfance, elle avait considérés comme ses