Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 27, 1847.djvu/195

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non. Chaque pays a sa nature, et chaque gouvernement a sa nature, et toutes choses doivent être conformes à la nature. Or, il est contre nature de payer une rente dans un pays républicain. Nous ne voulons rien ici qui soit commun aux rois et aux seigneurs.

— Eh pien alors, il faut changer toute votre contrée. Fous ne defez pas afoir des femmes et des enfants, fous ne defez pas fifre dans des maisons, et labourer la terre ; fous ne defez pas mancher et poire, et fous ne defez pas porter des chemises.

Tubbs parut un peu étonné. Comme le bourgeois gentilhomme, il fut surpris de voir qu’il avait pendant toute sa vie fait de la prose sans le savoir. Il est hors de doute que certaines lois qui ne peuvent convenir à une république existent dans une monarchie ; mais parmi elles, il ne faut pas mettre la loi qui ordonne au tenancier de payer pour la jouissance de la ferme ou de la maison. Tubbs, cependant, était si profondément persuadé, à force de le dire et de l’entendre, qu’il y avait quelque chose d’anti-républicain à ce qu’un homme payât une rente à un autre, qu’il n’était pas disposé à céder si facilement.

— Sans doute, sans doute, répondit-il, nous avons bien des choses de commun avec les monarchies, comme hommes, je l’avoue mais pourquoi aurions-nous quelque chose d’une nature aussi aristocratique. Un pays libre doit renfermer des hommes libres ; or, comment un homme peut-il être libre, s’il n’a pas la propriété de la terre sur laquelle il vit ?

— Mais s’il troufe son existence sur la terre d’un autre, il defrait, che crois, être assez honnête pour en payer la chouissance.

— Mais nous prétendons que ce ne devrait pas être la terre d’un autre, mais la terre de celui qui la cultive.

— Dites-moi : est-ce que fous ne louez chamais un champ à un foisin paufre qui partache afec fous le produit ?

— Certainement ; nous le faisons tous, en même temps pour faire du bien aux autres et pour avoir des récoltes lorsque nous sommes surchargés d’ouvrage.

— Et bourquoi toute l’a régolte n’abartiendrait-elle pas à celui qui cultife le champ ?

— Oh ! ce sont des affaires sur une petite échelle, et ça ne peut faire de mal à personne. Mais les institutions américaines n’ont