Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 27, 1847.djvu/261

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l’avis qu’on m’avait donné, sans cependant nommer Opportunité. L’interprète ne fut aucunement contrarié à l’idée d’une collision avec les Indgiens, contre lesquels il avait un certain ressentiment, non-seulement à cause de ce qui s’était passé dans la journée, mais aussi parce qu’ils lui semblaient compromettre les vrais sauvages par la manière grossière dont ils les imitaient.

— Il n’y a rien de bon, dit-il, à attendre de ces créatures, quoique le feu soit considéré même dans les prairies comme un moyen de guerre légitime. Pour ma part je ne suis pas du tout fâché qu’il y ait quoique chose à faire, et mes chefs s’en réjouiront ; car il est pénible de passer plusieurs mois entiers sans rien faire que de fumer dans les conseils, et de prononcer des discours devant des gens qui ne font que parler, manger et boire. L’activité est l’élément de l’homme de la prairie, et il est toujours content de se remuer un peu après un long repos. Je vais dire au chippewa d’entrer et d’amener ici les Peaux-Rouges, après quoi vous donnerez vos ordres.

— J’aimerais mieux de la surveillance que de la violence. Vos hommes peuvent rester en sentinelle auprès des bâtiments principaux, et il serait bon d’avoir de l’eau sous la main pour éteindre les flammes qui pourraient être allumées.

— Nous vous obéirons, colonel, car vous êtes notre capitaine général. Mais je puis vous dire ce que je fis une fois dans nos prairies, lorsque j’attrapai un scélérat de Sioux soufflant le feu qu’il avait allumé dans une de mes propres cabanes. Je le plaçai lui-même dans les flammes jusqu’à ce qu’elles fussent éteintes dans son sang.

— Nous ne devons pas user de violence, à moins que ce ne soit indispensable pour sauver les bâtiments. La loi ne nous permet d’avoir recours aux armes qu’à la dernière extrémité. Je désire que vous fassiez des prisonniers, car ils peuvent servir d’otages et d’exemples pour intimider les autres. Je vous prie de bien avertir vos amis à ce sujet.

L’interprète fit entendre un certain grognement, mais n’ajouta rien. Notre conversation, d’ailleurs, n’alla pas plus loin alors, car les Indiens sortirent doucement de la maison, tous armés, préparés et marchant avec précaution. Mille-Langues leur raconta brièvement la cause de ce dérangement, après quoi son autorité parut complétement cesser. Cœur de-Pierre devint le premier de