Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 27, 1847.djvu/262

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


la troupe, quoique Feu-de-la-Prairie et un autre guerrier donnassent aussi des ordres. Je remarquai que Vol-d’Aigle ne prenait aucune part à ces arrangements qui étaient spécialement militaires, quoiqu’il fût armé et prêt à marcher avec les autres. En cinq minutes ils étaient tous partis, marchant par couples, et nous laissant l’interprète et moi seuls debout devant la maison abandonnée.

Il pouvait être alors plus d’une heure du matin, et je jugeai que selon toute probabilité l’ennemi se montrerait bientôt, s’il devait venir cette nuit. Accompagné de l’interprète, je me dirigeai vers la maison, pensant que des armes ne seraient pas inutiles. En quittant ma chambre, j’y avais laissé le fusil et le pistolet apportés par John, et je voulais rentrer à la maison, prendre ces armes, éteindre ma lumière et rejoindre mon compagnon, l’interprète, sans réveiller aucun de ceux qui dormaient.

Je montai donc dans ma chambre, et après avoir fait tout ce que j’avais projeté, je m’apprêtai à sortir. Mais au moment où j’allais fermer la petite porte derrière moi, je sentis une petite main douce se poser sur la mienne, et en me retournant, je vis devant moi Mary Warren. J’exprimai ma surprise de la trouver encore debout, et je témoignai quelque crainte sur sa santé qui pouvait être altérée par une veille si prolongée.

— Je ne pouvais dormir après ce qui s’est passé ce soir, répondit-elle, sans savoir la raison de tous ces mouvements. Je me suis tenue à ma fenêtre, et je vous ai vu aider Opportunité à remonter en selle, puis marcher vers la vieille ferme où sont logés les Indiens. Dites-moi, franchement, monsieur Littleplage, y a-t-il quelque danger à craindre ?

— Je serai franc avec vous ; car je sais que votre prudence et votre sang-froid ne causeront pas d’alarme inutile, tandis que votre surveillance ne sera pas sans utilité. Il y a quelque raison de craindre le feu.

— Le feu !

— C’est ce qu’Opportunité m’a donné à entendre et je ne pense pas qu’elle eût chevauché à une si grande distance, et à une pareille heure, si sa mission n’eût été sérieuse. Le feu est une arme qui convient à l’anti-rentiste ; j’ai cependant appelé tous les hommes rouges à veiller avec nous, et je ne pense pas que la tentative puisse être faite cette nuit sans être découverte. Demain, nous pourrons nous adresser à l’autorité.