Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 28, 1850.djvu/194

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— Tenez la corde et donnez-moi l’autre bout, dit Stimson ; j’irai à la découverte.

Comme il était évidemment plus dangereux de rester le dernier et de descendre sans de secours de personne, Roswell acquiesça à cette proposition et fit descendre le patron au bas du rocher jusqu’à ce qu’il l’eût perdu de vue. Mais quoiqu’il eût disparu au milieu de cet orage de neige, Stimson ne se trouvait pas hors de la portée de la voix.

— Allez plus à droite, Monsieur, dit le marin, et soutenez-moi avec cette corde.

C’est ce que fit Roswell, qui, au degré d’élévation où il se trouvait, rencontrait sous ses pieds un terrain assez égal. Au bout de quelques instants, Stimson agita la corde et adressa encore la parole à Gardiner.

— Capitaine Gar’ner, dit-il, je suis maintenant sur le banc de rocher, et le chemin n’est pas mauvais. Laissez aller la corde sur la neige, Monsieur, et glissez aussi doucement que vous pourrez. Tenez-vous bien de ce côté, je serai là pour vous ramasser.

Gardiner comprit tout cela parfaitement. En se tenant près de la corde il atteignit le banc de rochers précisement à l’endroit où Stimson était prêt à le recevoir, ce dernier arrêtant l’impulsion imprimée à Roswell par la pente sur laquelle il glissait, en se jetant au-devant de son officier. Grâce à cette précaution, Roswell fut arrêté à temps ; sans cela il aurait passé par-dessus le banc de rochers et sur une pente qui était presque perpendiculaire.

— Et qu’est-il arrivé à Dagget ? demanda Gardiner dès qu’il se retrouva sur ses pieds.

— Je crois, Monsieur, qu’il a passé par-dessus le rocher. À l’endroit où j’ai atteint ce banc de rochers, il y avait si peu d’espace que j’ai eu beaucoup de peine à marcher, et que je n’aurais pu y réussir si la corde ne m’avait soutenu ; à en juger par les traces qui sont dans la neige, il faut croire que le pauvre homme a roulé en bas.

C’était là une bien triste nouvelle, surtout dans un tel moment. Mais Roswell n’en fut point découragé. Il sonda d’abord le précipice avec la corde jusqu’à ce qu’il fût sûr d’en toucher le fond