Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 30, 1854.djvu/100

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que la prisonnière la connaissait, l’avait connue en Europe, et elle mourait d’envie de savoir quelle pouvait être, parmi ses nombreuses connaissances du vieux monde, la personne qui était tombée dans de si formidables difficultés. Il était impossible de résister à ce sentiment, si bien dans la nature de la femme, et fort encouragé par un secret désir de Sarah, dans le but d’apprendre elle-même quelle pouvait être cette mystérieuse inconnue ; aussi ne manqua-t-elle pas de presser Marie et de déployer toute sa rhétorique pour l’engager à consentir de se rendre à l’endroit indiqué, et d’y voir au moins la personne qui désirait si vivement la prendre à son service. La Suissesse n’eut pas grande peine à le lui accorder, pourvu qu’il lui fût permis d’ajourner sa dernière décision jusqu’à son entrevue avec la prisonnière ; elle pourrait alors satisfaire sa curiosité, et retourner à la ville, prête à éclairer miss Wilmeter, et, tous ses autres amis, sur un sujet devenu si intéressant.

Ce fut le lendemain, de bonne heure, que Marie Moulin, accompagnée de John Wilmeter, se présenta chez mistress Gott, et demanda à être admise dans la galerie de miss Monson. Le jeune homme ne se montra pas en cette occasion, bien qu’il fût assez près pour entendre le grincement des gonds quand s’ouvrit la porte de la prison.

— C’est donc bien vous, Marie ! dit la prisonnière avec un salut empressé et joyeux.

— Mademoiselle ! s’écria la Suissesse.

On entendit les baisers des deux femmes ; la porte se referma, et John Wilmeter n’en apprit pas davantage ce jour-là.




CHAPITRE VIII.


Et ne pouvez-vous pas, dans une conférence habile, savoir de lui d’où naît sa confusion ?
Hamlet.



Il y a quelque chose de frappant pour l’imagination, sinon de pittoresque, dans la manière dont les avocats de Manhattan