Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 30, 1854.djvu/287

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Messieurs, bien que nous nous appuyions surtout sur la possession de la pièce hollandaise ou italienne, pour établir le crime, nous vous présenterons une foule de preuves accessoires et secondaires. D’abord, le fait qu’une femme jeune, belle, bien élevée, et à grands, frais, venant personne ne sait d’où, allant personne ne sait où, apparaisse tout à coup dans un endroit aussi retiré que la maison de Pierre Goodwin ; pourquoi ? personne ne peut le dire : tout cela en soi-même prête beaucoup au soupçon. Messieurs, tout ce qui brille n’est pas or. Un grand nombre d’hommes et de femmes, dans des villes aussi grandes que l’est New-York, ne sont pas ce qu’ils paraissent. Ils sont mis avec élégance, riant, chantant, sont l’âme des sociétés les plus gaies, quand ils ne savent pas où poser la tête la nuit. Les grandes cités sont, dit-on, des taches morales sur l’ensemble de la communauté, et elles cachent bien des choses qui ne supporteraient pas la lumière. Si l’on en juge d’après l’habillement de l’accusée, d’après ses manières, son éducation, ses talents d’agrément et tout ce qui tient à sa personne, c’est à une de ces grandes cités qu’appartient Marie Monson, c’est de là qu’elle est venue demander un asile dans l’habitation des Goodwin. Messieurs, pourquoi y vint-elle ? Avait-elle entendu parler du trésor de mistress Goodwin ? couvait-elle la possession de l’or ? Il sera de votre devoir de répondre à ces questions dans votre verdict. Si votre réponse est affirmative, vous aurez par là même établi les motifs du meurtre.

À côté de ces preuves viennent se ranger les circonstances suivantes, sur lesquelles j’appelle particulièrement votre attention, afin que vous puissiez donner aux dépositions la valeur qui leur convient. On vous montrera que Marie Monson eut en sa possession une grosse somme en or, après les meurtres et l’incendie, et conséquemment après le vol, mais personne ne sait si elle en avait auparavant. On vous montrera qu’elle a de l’argent en abondance, le répandant à droite et à gauche, pour obtenir son acquittement, à ce que nous supposons, et cet argent, nous présumons qu’elle l’a pris dans le bureau de mistress Goodwin ; quel en est le chiffre ? nous l’ignorons. On croit que la somme était