Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 3.djvu/177

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ACTE IV.


Scène PREMIÈRE.

Chimène, Elvire.



Chimène.

N’est-ce point un faux bruit ? le sais-tu bien, Elvire ?


Elvire.

Vous ne croiriez jamais comme chacun l’admire,
Et porte jusqu’au ciel, d’une commune voix,
De ce jeune héros les glorieux exploits.
Les Mores devant lui n’ont paru qu’à leur honte ;
Leur abord fut bien prompt, leur fuite encor plus prompte.
Trois heures de combat laissent à nos guerriers
Une victoire entière et deux rois prisonniers.
La valeur de leur chef ne trouvoit point d’obstacles.


Chimène.

Et la main de Rodrigue a fait tous ces miracles ?


Elvire.

De ses nobles efforts ces deux rois sont le prix :
Sa main les a vaincus, et sa main les a pris.


Chimène.

De qui peux-tu savoir ces nouvelles étranges ?


Elvire.

Du peuple, qui partout fait sonner ses louanges,
Le nomme de sa joie et l’objet et l’auteur,


1. L’édition de 1682 porte, par erreur, les louanges, pour ses louanges.