Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 3.djvu/355

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ACTE IV, SCÈNE VII. 343

Je demande la mort pour grâce, ou pour supplice ;
Qu’elle soit un effet d’amour ou de justice,
N’importe : tous ses traits n’auront rien que de doux,
Si je les vois partir de la main d’un époux.


HORACE.

Quelle injustice aux Dieux d’abandonner aux femmes
Un empire si grand sur les plus belles âmes,
Et de se plaire à voir de si foibles vainqueurs
Régner si puissamment sur les plus nobles cœurs !
À quel point ma vertu devient-elle réduite !
Rien ne la sauroit plus garantir que la fuite.
Adieu : ne me suis point, ou retiens tes soupirs.



SABINE, seule.

 O colère, ô pitié, sourdes à mes désirs,
Vous négligez mon crime, et ma douleur vous lasse,
Et je n’obtiens de vous ni supplice ni grâce !
Allons-y par nos pleurs faire encore un effort,
Et n’employons après que nous à notre mort.


1.Var. N’importe : tous ses traits me sembleront fort doux. (1641-56)

FIN DU QUATRIÈME ACTE.