Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 3.djvu/447

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Combien celle de Sexte, et revois tout d’un temps
Pérouse au sien noyée, et tous ses habitants.
Remets dans ton esprit, après tant de carnages,
De tes proscriptions les sanglantes images,
Où toi-même, des tiens devenu le bourreau,
Au sein de ton tuteur enfonças le couteau:
Et puis ose accuser le destin d’injustice
Quand tu vois que les tiens s’arment pour ton supplice,
Et que, par ton exemple à ta perte guidés,
Ils violent des droits que tu n’as pas gardés  !
Leur trahison est juste, et le ciel l’autorise:
Quitte ta dignité comme tu l’as acquise
Rends un sang infidèle à l’infidélité,
Et souffre des ingrats après l’avoir été.
Mais que mon jugement au besoin m’abandonne&#160 ; !
Quelle fureur, Cinna, m’accuse et te pardonne,
Toi, dont la trahison me force à retenir
Ce pouvoir souverain dont tu me veux punir,
Me traite en criminel, et fait seule mon crime,
Relève pour l’abattre un trône illégitime,
Et, d’un zèle effronté couvrant son attentat,
S’oppose, pour me perdre, au bonheur de l’Etat&#160 ; ?
Donc jusqu’à l’oublier je pourrais me contraindre&#160 ; !