Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 3.djvu/450

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Murène a succédé, Cépion l’a suivi :
Le jour à tous les deux dans les tourments ravi
N’a point mêlé de crainte à la fureur d’Egnace,
Dont Cinna maintenant ose prendre la place
Et dans les plus bas rangs les noms les plus abjets
Ont voulu s’ennoblir par de si hauts projets.
Après avoir en vain puni leur insolence,
Essayez sur Cinna ce que peut la clémence
Faites son châtiment de sa confusion,
Cherchez le plus utile en cette occasion :
Sa peine peut aigrir une ville animée,
Son pardon peut servir à votre renommée
Et ceux que vos rigueurs ne font qu’effaroucher
Peut-être à vos bontés se laisseront toucher.


Auguste

Gagnons-les tout à fait en quittant cet empire
Qui nous rend odieux, contre qui l’on conspire.
J’ai trop par vos avis consulté là-dessus
Ne m’en parlez jamais, je ne consulte plus.
Cesse de soupirer, Rome, pour ta franchise :
Si je t’ai mise aux fers, moi-même je les brise,
Et te rends ton Etat, après l’avoir conquis,
Plus paisible et plus grand que je ne te l’ai pris :
Si tu me veux haïr, hais-moi sans plus rien feindre
Si tu me veux aimer, aime-moi sans me craindre :
De tout ce qu’eut Sylla de puissance et d’honneur,
Lassé comme il en fut, j’aspire à son bonheur.


Livie

Assez et trop longtemps son exemple vous flatte