Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 3.djvu/463

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De tous ces meurtriers te dirai-je les noms&#160 ; ?
Procule, Glabrion, Virginian, Rutile,
Marcel, Plaute, Lénas, Pompone, Albin, Icile,
Maxime, qu’après toi j’avais le plus aimé :
Le reste ne vaut pas l’honneur d’être nommé
Un tas d’hommes perdus de dettes et de crimes,
Que pressent de mes lois les ordres légitimes,
Et qui, désespérant de les plus éviter,
Si tout n’est renversé, ne sauraient subsister.
Tu te tais maintenant, et gardes le silence,
Plus par confusion que par obéissance.
Quel était ton dessein, et que prétendais-tu
Après m’avoir au temple à tes pieds abattu&#160 ; ?
Affranchir ton pays d’un pouvoir monarchique&#160 ; ?
Si j’ai bien entendu tantôt ta politique,
Son salut désormais dépend d’un souverain,
Qui pour tout conserver tienne tout en sa main
Et si sa liberté te faisait entreprendre,
Tu ne m’eusses jamais empêché de la rendre
Tu l’aurais acceptée au nom de tout l’Etat,
Sans vouloir l’acquérir par un assassinat.
Quel était donc ton but&#160 ; ? d’y régner en ma place&#160 ; ?
D’un étrange malheur son destin le menace,
Si pour monter au trône et lui donner la loi
Tu ne trouves dans Rome autre obstacle que moi,