Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/177

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INTRODUCTION S

cathédrale de Burgos, n'oubliez pas la salle du chapitre, qui serl de sacristie; ou vous y montrera, suspendu au mur et tout bardé de fer, le colTret du Cid *. A quoi bon ce coffret? Les uns vous assureront dévotement que le Cid y mettait un aulel portatif; les autres, avec un sourire, vous rappelleront jue le héros était de son temps et ne se piquait pas toujours Jiine loyauté chevaleresque. C'est ce coffret qu'un jour, ^)ressé d'argent, il emplit de sable et de pierres et remit en

iarantie aux mains d'un banquier juif, en déclarant qu'il

contenait sa vaisselle massive.

Mais c'est surtout à l'ayuntamiento (hôtel de ville) que le souvenir du Cid est vivant. Au milieu d'un salon tendu de soie rouge et pourvu d'un autel, reposent, dit-on, les restes de Rodrigue et de Chimène, restes médiocrement imposants, s'il est vrai qu'ils se réduisent à une côte de Chimène et à une esquille du Libia de Rodrigue. Ces restes, d'ailleurs, ont leur histoire, qui n'est pas fort connue.

Au couvent de San Pedro de Cardena, situé à deux lieues de Burgos, près du château-fort où se retira le Cid exilé, toute la famille du héros a sa sépulture, depuis son père Diego Lainez et sa mère Teresa, jusqu'à son fils Diego Rodriguez, tué en combattant les Maures, et jusqu'à ses filles Elvira et Maria Sol, ensevelies à côté des rois de Navarre et d'Aragon, leurs époux. Tout autour se presse un peuple de serviteurs, de parents, d'amis, de soldats de Rodrigue, parmi lesquels un Maure converti par lui. Comment se fail-il donc que

��1. M. de Monseignat donne des reliques du Cid une description un peu diffé- rente de la nôtre, et dont nous lui laissons la responsabilité : « On montre encore aujourd'hui la bannière et l'écu du Cid, suspendus dans l'église de Saint-Pierre de Cardena; mais la couleur de la bannière a complètement disparu, et sur l'écu couvert de peau on ne distingue ni devise ni emblème. Dans la sacristie de la même église, on garde précieusement la croix que le Cid portait dans les combats sur sa poitrine, le verre dans lequel il avait l'habitude de boire, une boite d'argent que lui avait envoyée, dit-on, le Soudan de Perse, et l'un des cotTres qu'il avait donnés en gage aux juifs Rachel et Vidas. Outre ces reliques, dont plusieurs paraissent d'une authenticité fort douteuse, on a conserve en Espagne les deux fameuses épées, Colada et Tizona. Tizona est à deux tran- chants, longue de quatre pieds, et large de trois doigts à la garde. Près de la garde sont gravés, d'un côté de la lame, les mots ; Ave Maria gratia plena Dominus, et de l'autre : Yo so la Tizona que foe fecha en la era 1040. Lorsque le roi Jayme d'Aragon s'empara de Valence, en 1238, il avait ceint cette fameuse épée du Cid, de sorte que, par une heureuse et singulière destinée, cette épée déjà victorieuse de Valence, la conquit une seconde et dernière fois. Tizona passa ensuite à la noble maison des marquis de Palce, alliés du Cid et de la maison royale de Navarre, et elle est attachée au majorât de cette maison. Colada est lemblahle à Tizoua pour la longueur et pour la forme. La garde figure une croix; d'un côté de la lame sont gravés les mots ri, ri; de l'autre no, no. Cette épée appartient aa musée d'artillerie de liadrid. • (Z< Cid Campéador, Ap- pendice.)

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