Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/190

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U LE CID

Quoi qu'il en soit, et de quelque beaux mots qu'il couvre sa tromperie, le vrai Cid, le Cid de l'histoire reparaît encore

[>arfois sous le brillant manteau que lui prête la poésie. D'ail- e urs, tout cet ingénieux roman est bâti sur deux fails histo- liquement exacts : l'exil du Cid et le mariage de ses filles

��IV

LE HOMANCERO.

Le Roinancero a infiniment plus de valeur historique et poétique, et Corneille, qui n'a pas lu les deux poèmes dont nous venons de parler, l'a consulté certainement, comme Guilhem de Castro l'avait consulté déjà. Ce recueil de romances espagnoles ou espagnols*, comprend des chants et des fragments épiques dont quelques-uns sont de simples variantes, dont quelques autres se contredisent, mais qui n'en composent pas moins 1' « Iliade populaire^ » des Espa- gnols, Celte Iliade sans doute na pas la belle unité de l'épo- pée grecque, unité d'inspiration et de composition, unité morale et littéraire : telle cantilène, fière et un peu sauvage, a presque l'accent héroïque du xii° siècle; telle autre, élégante et tendre, est embellie à la fois et gâtée par la galanterie du XVI* siècle, car c'est au xvi* siècle que le recueil a été formé d'éléments pris un peu à l'aventure, souvent disparates. Don Pedro Florez et Juan Escobar, au xvii* siècle; les auteurs de notre Bibliothèque des romans, au xyiii"; au xix*, don Vin- cenle Gonzalez del Reguero, Creuzé de Lesser, le chevalier Regnard, M. AnLony Rénal, M. Damas-Hinard ont donné des versions du Romancero en espagnol et en français. En 1802, Herder en avait donné aussi une traduction; mais il y détruit \a simplicité du texte espagnol par son faux coloris germa- nique, dit M. Villemain, qui caractérise en ces termes le komancero :

« L'histoire du Cid est à la fois authentique et romanesque. Ailleurs, dans la France si guerrière, la chronique et le roman sont deux choses distinctes. A l'exception de Charle- niagne et de sa cour, dont l'histoire se perdait dans un passé déjà lointain, nos héros véritables ne servaient pas au récit

1. Le mot romand est masoulin en espagnol.

S. Villemain, Mistnre de la littérature du moyen ৻.

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