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34 LE CID

le goût si fin de Voltaire aurait dû le préserver d'une telle méprise. N'est-ce pas lui-même qui, dans ce Commentaire.se charge de démontrer l'incontestable originalité et supériorité de Corneille? Voici deux remarques que lui inspirent deux des plus belles scènes du Cid: Acte 1*'. — Scène 6 :

��Rodrigue, as-tu du cœur...î

« Dans le Cid de Diamante, Rodrigue arrive avec le garçon gracieux qui a peint le portrait de Chimène. Rodrigue trouve le portrait ressemblant, et dit au garçon gracieux qu'il est un grand peintre, grande pintor ; puis, regardant son père affligé qui tient d'une main son épée et de l'autre un mouchoir, il lui en demande la raison. Don Diègue lui répond : « Aïe, aïe, l'honneur! » Rodrigue : « Qui est-ce qui vous déplaît? » Don Diègue: «Aïe, aïe, l'honneur! te dis-je «.Rodrigue : « Parlez, espérez, j'écoute ». Don Diègue : « Aïe, aïe ! As-tu du courage? » Rodrigue répond à peu près comme dans Castro et dans Cor- neille. ■>•> ,

Acte II. Scène 2 : '

A moi. Comte, deux mots...

« Dans la pièce de Diamante, Rodrigue propose au Comte de se battre à la campagne ou dans la ville, de nuit ou de jour, au soleil ou à l'ombre, avec plastron ou sans plastron, à pied ou à cheval, à l'épée ou à la lance. « Ah ! le plaisant bouffon », reprend le comte. »

  • -u moins eût-il fallu rendre ici justice à Corneille, et, si

l'on admettait qu'il fût l'imitateur, lui être reconnaissant de n'avoir pas transformé Rodrigue en matamore grotesque, ni consacré tout le début de son poème à nous instruire des dé- marches de Rodrigue pour obtenir de l'inflexible Chimène qu'elle laisse faire son portrait par le « garçon gracieux ». Non ; Voltaire aime mieux observer que les belles scènes de Corneille sont prises à Diamante. En jugeant la situation, dramatique qui oppose au réquisitoire de Chimène le plai-

ridicules; mais tous les sentiments généreux et tendres, dont Corneille a fait ug si bel usage, sont dans ces deux originaux. » Il est difficile d'accumuler pli< d'erreurs en moins de mots; pour n'en citer qu'une, il est absolument faux qui. la tragédie de Castro compte parmi ses personnages le gracioso dont pail«  Voltaire.

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